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Au pays des GAFA, la vie pas toujours rose des citoyens ordinaires…
Google, Apple, Facebook… Dans la Silicon Valley, les géants de la tech ont plus de pouvoir que les institutions démocratiques…
C’est la région la plus riche des États-Unis. Et même l’une des plus riches du monde : si la Silicon Valley était un pays, elle serait la douzième puissance économique mondiale. Car c’est là, dans la baie de San Francisco, que sont installés tous les géants de la tech.
Mais à côté des grands patrons et des ingénieurs aux salaires mirobolants, il y a les locaux… Une population qui se bat pour ne pas être déplacée contre son gré. C’est ce que nous raconte Arte ce jeudi à 23h35 dans « The Last Town, une ville contre la Silicon Valley ».
Mr Hewlett et Mr Packard
Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ne sont que la pointe de l’iceberg… Ce sont plus de 10.000 entreprises de haute technologie qui sont installées dans ce coin de Californie surnommée la « Silicon Valley ». Pourquoi là ? La région abrite deux prestigieuses universités : Berkeley, dans la ville du même nom, et Stanford, dans la petite ville de Palo Alto. On y vient de partout pour étudier. Mais longtemps, les jeunes diplômés américains repartaient ensuite travailler sur la Côte Est, entre New York et Washington. Pour lutter contre cet exode de cerveaux, dans les années 1930, un prof de Stanford convainc son université de mettre à disposition de ses diplômés de petites parcelles de terrain où ils pourront s’installer. Les premiers à en profiter sont William Hewlett et David Packard, qui deviendront des pionniers de l’informatique. L’opération est une telle réussite que la population de Palo Alto double entre 1950 et 1960. Puis elle fait tache d’huile et affecte toute la région. La Silicon Valley est née.
Facebook fait la police
Google, Apple, Twitter, Tesla, eBay, Intel, Nvidia, Oracle, Netflix… Tous sont nés dans la Silicon Valley. Et une dizaine de nouvelles entreprises s’y installent encore chaque semaine. Mais en devenant riche, la région est aussi devenue chère… L’espace y est si convoité et saturé que le moindre petit morceau de terre vaut désormais une fortune.
East Palo Alto, ancienne banlieue de Palo Alto, a longtemps été boudée par les investisseurs car réputée violente et dangereuse. Mais elle est aujourd’hui dans leur ligne de mire… Résultat : tout est fait pour que la population cède la place. Les loyers flambent et les jobs se raréfient. Installée là depuis peu, Amazon a refusé de se conformer à un arrêté municipal qui exige que toute nouvelle entreprise recrute un tiers de son personnel parmi les locaux. C’était à prendre ou à laisser, la mairie a cédé. Dans la ville voisine, où est installée Facebook, c’est désormais l’entreprise de Zuckerberg qui gère les écoles, le centre sportif… et même la police ! Cela interroge de manière plus globale sur la manière dont les GAFA s’approprient nos démocraties.
Cet article est paru dans le Télépro du 20/2/2025
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