
Parasomnie : voyage au cœur de la nuit
Mercredi à 23h05 dans «Matière grise», La Une nous embarque à la découverte des parasomnies, troubles du sommeil du plus commun au plus surprenant.
Lorsque l’on parle de sommeil troublé, on pense immédiatement à ceux qui peinent à le trouver ou à le conserver. Pourtant, les perturbations nocturnes sont loin de se cantonner aux insomnies.
C’est grave docteur ?
La parasomnie désigne une large famille de troubles du sommeil. « Elle se réfère à des comportements moteurs anormaux dont la personne ne conserve aucun souvenir », explique-t-on sur le site du groupe hospitalier français Elsan. Ces problématiques peuvent concerner enfants comme adultes et comprennent des troubles classiques comme l’énurésie, la miction nocturne, à ceux plus confidentiels, comme le syndrome de la tête qui explose, soit l’impression d’un bruit soudain faisant éclater le crâne, sans que cela ne soit douloureux. Bien souvent, une simple description des symptômes suffit à poser un diagnostic. Les conséquences peuvent être plus ou moins lourdes selon la parasomnie : fatigue, somnolence, honte, anxiété, perturbation du sommeil et/ou de celui des autres, voire blessures envers soi-même et/ou les autres.
À chaque phase son problème
Le type de parasomnie est défini par la phase du sommeil concernée. L’on retrouve somnambulisme, terreurs nocturnes et éveils confusionnels durant le sommeil profond. Celui paradoxal, là où l’activité du cerveau est proche de celle en phase d’éveil, peut être perturbé par les cauchemars et paralysies du sommeil, un phénomène durant lequel la personne est éveillée, mais incapable de bouger et en proie à des hallucinations terrifiantes. Enfin, le bruxisme, grincer des dents, la somniloquie, parler durant son sommeil, et les spasmes apparaissent durant la phase préliminaire d’endormissement. « Si les causes de la parasomnie ne sont pas toutes identifiées, la perturbation des rythmes, le stress ou l’exposition au bruit en augmentent les risques », poursuit Elsan. « Dans certaines formes comme le somnambulisme, il y a une cause génétique. »
Qui dort a un alibi ?
Peu fréquente, mais médicalement reconnue, la sexsomnie est une forme particulière de somnambulisme, dont la prévalence n’est pas connue, mais semble toucher principalement de jeunes hommes. « Les actes commis peuvent être autocentrés ou bien impliquer le partenaire de lit avec des caresses et plus rarement, des actes sexuels », explique, à la RTBF, la docteure Tuong Bao Truong, auteure d’une thèse sur le sujet. « Durant ces épisodes, le sujet est confus et présente une amnésie partielle, voire complète. » L’un des dangers, ici, est de voir une personne coupable d’agression sexuelle plaider la pathologie pour s’en tirer. Cependant, on l’assure dans les tribunaux belges, en cas de sexsomnie suspectée, la justice effectue une série d’examens pour confirmer le trouble.
Le saviez-vous ?
• C’est vers l’âge de 18 mois qu’un enfant peut commencer à être en proie aux terreurs nocturnes qui, normalement, diminuent avec l’âge.
• Le somnambulisme est plus fréquent entre 10 et 15 ans et disparaît, normalement, à l’adolescence. Un enfant somnambule sur quatre le reste cependant une fois adulte.
• En 2017, Randy Herman Jr., un jeune Américain, appelle les secours et confesse qu’il a, semble-t-il, poignardé sa colocataire. Randy affirme ne se souvenir de rien et avoir agi durant une crise de somnambulisme. Une défense qui n’a pas convaincu les jurés.
Cet article est paru dans le Télépro du 27/3/2025
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