
Le palais maudit de l’Empereur de Chine
Totalement oublié pendant plus de six cents ans, le somptueux palais du premier empereur Ming refait surface.
Vous connaissez la Cité interdite de Pékin… Mais savez-vous qu’il existe en Chine une ville impériale encore bien plus majestueuse ? Enfouie depuis six siècles, elle refait aujourd’hui surface grâce au travail acharné de quelques historiens et archéologues. Ce samedi à 20h55, Arte vous invite à visiter « La Cité oubliée de la dynastie Ming ».
Le paysan devenu empereur
De toutes les dynasties chinoises, c’est sans doute la plus célèbre : les Ming. Elle est fondée en 1368, par l’empereur Hongwu. L’homme est fils de paysans dans une Chine sous domination mongole où règne la misère. Pour échapper à la famine qui a décimé ses proches, il choisit de devenir moine. Mais il s’ennuie. Très vite, il part rejoindre un groupe de rebelles qui combat le gouvernement mongol, prend rapidement leur tête et finit par s’imposer comme Empereur de Chine. C’est ainsique naît la dynastie Ming. Mais le nouvel Empereur a besoin d’asseoir son pouvoir. Pour ce faire, il n’hésite pas à régner en despote. Puis décide de se faire construire un somptueux palais dans son village natal : Fengyang. Ce sera la capitale des Ming.
Des signes du ciel
Mobilisant plus d’un million de travailleurs, le chantier est titanesque. Mais n’avance pas assez vite au goût de l’Empereur. En 1375, il fait le déplacement pour apprécier l’avancement des travaux. À son arrivée, Hongwu entend des coups donnés sur une poutre. Il y voit un mauvais présage. Peut-être celui d’une révolte des ouvriers. D’autres signes du ciel le confortent dans cette idée. L’Empereur décide alors de faire exécuter les travailleurs et d’abandonner la construction pourtant bien avancée. Considérée comme maudite, la ville est abandonnée. En 1644, un tremblement de terre finira de la démanteler.
Un bout de muraille
Le souvenir de Fengyang va disparaître des mémoires. Au XXe siècle, le palais est enfoui sous un monticule de terre. Seul un bout de muraille dépasse… C’est ce qui interpelle Wang Jianying. En 1969, cet historien subit de plein fouet la révolution culturelle. Il est envoyé dans un camp de rééducation à mille kilomètres de Pékin, dans la petite ville de… Fengyang. C’est lors de ses rares moments de liberté qu’il découvre la muraille. Il prend des notes, fait des croquis… pour en déduire que la ville a dû être une ancienne capitale impériale. Et que c’est sur base de ce modèle que le troisième empereur de la dynastie Ming fera construire la Cité interdite de Pékin une quarantaine d’années plus tard. Les gens du coin le prennent pour un dingue. Mais l’historien parvient peu à peu à convaincre les autorités…
Projectionsnumériques
Il faut toutefois attendre 2015 pour que des fouilles démarrent sur le site. Les archéologues vont de surprise en surprise. Ceinte par une muraille de 4 km, la Cité interdite de Fengyang recèle des palais aux proportions gigantesques, une architecture flamboyante, des décors opulents… Mais aussi d’ingénieuses fondations ainsi qu’un système complexe de distribution et d’évacuation de l’eau. Sans doute faudra-t-il plusieurs générations d’archéologues pour mettre entièrement au jour ces vestiges d’une incroyable richesse. Pour l’heure, seules des projections numériques permettent de donner une idée de ce que devait être le fabuleux palais du premier empereur Ming.
Cet article est paru dans le Télépro du 3/4/2025
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