Claude Sarraute est morte à l’âge de 95 ans

Claude Sarraute © Getty Images

La journaliste et romancière française Claude Sarraute, femme de télévision et de radio, est décédée dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé sa famille à l’AFP. Claude Sarraute est décédée à son domicile parisien, à l’âge de 95 ans, a-t-elle précisé.

Femme de lettres, journaliste pendant 35 ans au Monde, elle est décédée à son domicile parisien dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé sa famille à l’AFP.

Pour beaucoup de téléspectateurs, elle incarnait la mamie indigne, faussement ingénue, qui imposait son sens du burlesque et ses bons mots sur les plateaux.

« Claude Sarraute a su être une femme libre, une journaliste indépendante et marier le sérieux du journal Le Monde à la fantaisie des Grosses Têtes. C’était une amie comme on en souhaite à chacun. Tout l’amusait et elle était curieuse de tout. Jusqu’à ses derniers jours, elle a été journaliste en observant même sa fin de vie. Journaliste d’elle-même, jusqu’au bout », a salué Laurent Ruquier, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Il sera l’invité de RTL Midi et animera à partir de 15H30 une émission spéciale des « Grosses Têtes », en hommage à son amie.

Née le 24 juillet 1927 à Paris, Claude Sarraute était la fille aînée d’une des grandes écrivaines du 20e siècle, Nathalie Sarraute, et de l’avocat Raymond Sarraute. Elle a été mariée au philosophe, essayiste et journaliste, Jean-François Revel, mort en 2006.

Légère, rieuse, anticonformiste, capable de traits d’esprit et aussi de coups de griffe, Claude Sarraute a écrit plusieurs romans (« Allô, Lolotte, c’est Coco », « Ah! l’amour, toujours l’amour », « Sarraute, la nana de l’année », « Papa qui? », « Dis, est-ce que tu m’aimes? », « Dis voir, Maminette… » ou « Belle belle belle »…), qu’elle qualifiait malicieusement de « clowneries ».

Contre « le racisme antivieux »

Journaliste au quotidien Le Monde à partir de 1952, où elle restera 35 ans à la rubrique « Spectacles » puis « Télévision », elle a remporté un vif succès avec un billet quotidien insolent « Sur le vif », publié de 1983 à 1992.

« Son fameux billet, qu’elle voulait celui d’une +pipelette+, où elle parlait volontiers de son +Mimi+ – François Mitterrand – ou de son +Jacquot+ – Jacques Chirac –, lesquels n’appréciaient pas toujours ses propos, détonnait dans un journal fier de sa réputation austère », rapporte le quotidien mardi dans la nécrologie de l’autrice.

Membre de l’équipe des « Grosses têtes » sur RTL autour de Philippe Bouvard de 1985 à 1995, elle rejoint « La bande à Ruquier » dans les années 90. Grande amie de l’animateur, elle continue auprès de lui lorsqu’il reprend « Les grosses têtes » en 2014.

« J’ai tout plein de rides mais ce n’est pas un problème » pour passer à la télé, assurait-elle, en disant lutter « contre le jeunisme et le racisme antivieux ».

La chroniqueuse était par ailleurs membre du comité d’honneur de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qui défend la liberté de chacun à choisir les conditions de sa propre fin de vie.

« Notre association perd une fervente militante du droit de mourir dans la dignité. Nous perdons une amie. Pensée émue à tous ses proches… », a réagi sur Twitter l’association.

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